
Chaque graphologue appartient à une école de pensée en fonction de la formation qu’il a reçue. Pour ma part, je me rattache à l’École française appelée jaminienne parce qu’elle a été mise au point par Crépieux-Jamin, en ce qu’il a défini un vocabulaire scientifique bien précis, qui constitue le patrimoine commun de tous les graphologues.
La caractérologie
Comme graphologues, ce qui nous intéresse en premier dans l’étude d’une écriture, c’est de percer le caractère du scripteur. Pour cela, le psychologue a à disposition diverses typologies, qui consistent en des classifications commodes faisant ressortir les traits dominants de la personnalité, mais qui sont à manier avec prudence car les individus appartiennent rarement à un type pur – ce qui serait une caricature – et il faut prendre garde de mettre les gens dans des cases.
Nous utilisons comme base de travail le classement opéré par le caractérologue René Le Senne (1882-1954) qui, en fonction des trois propriétés fondamentales du caractère (l’émotivité, l’activité et le retentissement psychologique) obtient 8 combinaisons caractérologiques de base : l’émotif-actif-primaire (le Colérique), l’émotif-actif-secondaire (le Passionné), le non-émotif-actif-primaire (le Sanguin), le non-émotif-actif-secondaire (le Flegmatique), le non-émotif-non-actif-primaire (l’Amorphe), le non-émotif-non-actif-secondaire (l’Apathique), l’émotif-non-actif-primaire (le Nerveux) et l’émotif-non-actif-secondaire (le Sentimental).
La typologie planétaire
J’ai adopté pour ma part avec grand profit la « méthode Saint-Morand ». De façon très ingénieuse, la graphologue Lise Kœchlin-Saint-Morand (1888-1977) a classifié les écritures selon des types planétaires qui, malgré leur nom, n’ont rien à voir avec l’astrologie. Ils déclinent les 4 célèbres tempéraments d’Hippocrate : le Bilieux, le Sanguin, le Nerveux et le Lymphatique en lien avec les 4 éléments : Eau, Air, Feu et Terre.
Au total, 11 planètes nous offrent un panorama complet de l’ensemble des personnalités : Terre (le bon sens concret), Lune (l’irrationnel), Vénus (la chaleur humaine), Soleil (l’idéal), Mars (le combat), Mercure (la sensibilité intellectuelle), Saturne (la rigueur), Jupiter (le rôle social), Neptune (la création), Uranus (le dépassement) et Pluton (les questions existentielles).

Le langage de l’alphabet

Les livres qui très tôt m’ont initié à cette discipline furent ceux de la graphologue lilloise Roseline Crépy, qui développa l’interprétation de chaque lettre ou signe en fonction du symbolisme dans l’espace. La symbolique de l’alphabet (minuscules & majuscules), des chiffres et de la ponctuation qu’elle livre est lumineuse.
C’est bien sûr une analyse qui n’intervient qu’après une étude approfondie de l’ensemble du document, car on part toujours du général pour aboutir au particulier, et Crépieux-Jamin met en garde contre les « signes isolés ».
Pour agir avec méthode, on aborde l’écriture sous l’angle des 8 aspects graphiques (la forme, la pression, la vitesse, la dimension, la direction, la continuité, l’inclinaison et l’ordonnance). Constituant une étude secondaire, l’analyse très décriée du « petit signe » apporte toutefois un éclairage important dans la compréhension psychologique du scripteur.

L’apport de la psychanalyse
On doit à la graphologue Ania Teillard (1889-1978), élève à la fois du psychiatre Jung et de Crépieux-Jamin, tout l’apport de la psychanalyse en graphologie : autant dire qu’elle a décuplé les potentialités de notre discipline en révélant des aspects insoupçonnés de l’écriture.
« Tous les mouvements, tous les gestes humains sont chargés de signification et concourent à l’expression de la personnalité tout entière. Notre mode d’écriture est, en grande partie, une projection de notre inconscient sur le papier ».
Ania Teillard
Avec Jung, on distingue deux fonctions : l’Introversion (attitude dirigée vers le dedans) et l’Extraversion (vers le dehors), ainsi que quatre types : Sensation, Pensée, Intuition et Sentiment. Cette approche est très révélatrice des mécanismes de fonctionnement de chacun.
Pour ceux que ces distinctions intéressent, je me propose de développer particulièrement dans mes analyses personnelles ces typologies très riches psychologiquement, aussi très utiles notamment en étude comparative de couples pour estimer le degré de compatibilité entre deux personnes, que ce soit dans le cadre familial ou professionnel.
